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 Retrouvailles

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Sydnee S. Underwood

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MessageSujet: Retrouvailles   Dim 19 Juin - 21:06

Adieu Angleterre, bonjour Caton. Magnifique archipel gardant bien des secrets. J'avais tellement hâte de la visiter dans ses moindres recoins. Aujourd'hui, je me contentai de rester en ville, à déambuler dans les magazins. Je n'avais pas la folie d'achat, je regardais sans vraiment voir. Je n'avais qu'une hâte: retrouver ma soeur. Ca faisait tellement longtemps qu'on ne s'était pas revues, on avait tellement de choses à se raconter et la première: comment j'ai rompu avec l'homme qu'elle m'avait toujours conseillé de larguer.

Caton était un autre monde, même les ruelles commerçantes les plus ressemblantes à celle d'Angleterre étaient tout à fait différentes. Etait-ce à cause de la pluie inexistante? Peut-être bien. La différence résidait surtout dans ma tête: je n'étais plus en Angeterre. Je me trouvais autre part où je pourrais commencer une nouvelle vie. Personne ne me connaissait et je ne connaissais personne. J'étais libre.

Tout a coup, mon coeur se mit à battre très fort et ma gorge à se serrer. Je fus prise d'angoisse. J'allais retrouver Marylin, ma petite soeur que j'avais tellement hâte de voir. Mais faisait également partie des personnes qui me connaissaient avant mon arrivée à Caton. M'empêcherait-elle d'assumer un autre rôle que celui que j'avais toujours garder en Angleterre? Bien que Sydnee fut mon premier nom, j'avais toujours été sa Sugar. Aujourd'hui, je voulais refaire ma vie mais peut-on vraiment reprendre tout à zéro en gardant des choses de son autre vie?

Mais c'était Marylin, ma soeur. Je ne peux pas la traiter comme un objet à garder ou à jeter. Je me mis à souffler et mon coeur se remit à battre normalement. Ne pas voir le futur, juste me soucier du moment où les retrouvailles auraient lieu. Je lâchai enfin la robe rouge que je tenais en main depuis quelques minutes et quittai le magazin dans lequel j'étais entrée.

Je marchai encore quelque pas, scrutant un endroit agréable où je pourrais m'asseoir en attendant le moment propice. Attendre avec un bon café, un très bon café. Je repérai alors un restaurant qui me semblait plutôt pas mal et je m'assis sur une chaise de terrasse, sous un petit arbre. Je me commandai un cappucino latté et j'ai attendu...
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Pr. Marilyn Underwood

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MessageSujet: Re: Retrouvailles   Lun 20 Juin - 10:25

    J'avais dit "au revoir" à mon Angleterre natale il y a quelques années de cela. Sugar, ma tendre soeur, disait souvent ceci : les étrangers aiment l'Angleterre, alors que les natifs tentent de la fuir trop souvent... Elle ne se doutait pas encore que mes nombreux voyages, de reporter sans réelles frontières fixées dans le monde, m'emmèneraient à Canton, la ville que l'on ne quitte jamais. Ainsi, la Marilyn sans port ni attaches s'était trouvée ce que l'on appelle un port d'attache, quel comble ! Je n'avais rien chercher, si ce n'est à m'évader un peu plus longtemps encore de mon sol natal... Jamais je n'aurais osé espérer trouver une terre dont l'accueil serait sans appel. Pourtant depuis quelques jours, je foulais de mes foulées enchantées la surface d'un nouveau monde. N'essayez pas d'interpréter cela grâce aux découvertes de Christophe Colomb, non. On ne mesure pas ma découverte de Canton par rapport à celle des Amériques... Toutes les dimensions en seraient faussées.

    Les dernières fois que j'avais eu ma soeur, que ce soit par téléphone ou par internet, elle m'avait paru bien plus réelle et bien plus proche que ces derniers temps. Pourtant, physiquement, elle était bel et bien dans sa maison de style victorien, en Angleterre. J'avais pensé lui dire qu'elle me manquait terriblement, mais notre relation n'avait jamais été fusionnelle, alors je m'en empêchai. J'avais pensé lui demander de me rendre visite, l'un de ces jours... Mais l'atmosphère de Canton me faisait encore peur à moi, alors elle, qu'en penserait-elle ? Je n'avais vraiment pas envie de l'embarquer dans une aventure dont je ne savais rien. *Pourtant, tu l'as fait Mary. Aujourd'hui, tu vas voir ta Sugar en chair et en os...* Qui sait ce qu'elle pensera du nouveau moi ? J'avais en effet terriblement changé en quelques semaines de temps et ce, surtout le long de ces derniers jours passés à Canton. Ou bien ces dernières nuits... Mais les faits étaient là, Sugar débarquerait aujourd'hui d'un vol en provenance d'Angleterre. Avait-elle prévu de rester, ou bien de passer son chemin ? Si "passer son chemin" était possible, bien sûr...

    Je m'étais prise à avoir peur pour elle très vite, malgré que je soit la petite soeur, la petite Marilyn. C'avait commencé tôt, en effet, lorsqu'elle avait eu un accident qui l'avait clouée au lit plusieurs heures, ma Sugar tant chérie. Elle qui d'habitude ne pouvait rester en place ! Aujourd'hui, toute cette attention envers elle allait reprendre et ... détruire, amoindrir, ou bien valoriser tout ce que j'avais réussi à construire ici ? La question demeurerait toujours en moi, même si elle me livrait ses intentions. Tient, la voilà justement qui s'installe à la terrasse du café ou nous avons rendez-vous. Je pensais pourtant être largement en avance... Je vais aller faire un tour dans une boutique, calmer ce coeur qui palpite. J'espère qu'elle n'a pas elle aussi senti ma présence. Mais non, c'est plus fort que moi, je ne saurais pas la faire patienter ainsi. Je me dirige donc vers la terrasse et je m'assois à sa table. *Allez, c'est pas comme si c'était un entretien d'embauche !* Salut Sugar, tu es matinale.

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MessageSujet: Re: Retrouvailles   Mar 21 Juin - 19:19

Salut Sugar, tu es matinale.
Je n'aurais jamais pu me tromper en entendant cette voix. Et quand bien même ça aurait été le cas, il n'y avait qu'une seule personne qui avait le droit et le monopole de m'appeler par ce nom. Je levai les yeux vers Marylin et lui sourit. J’avais tout de suite perçu l’anxiété dans sa voix mais décidai de ne pas me poser plus de questions en ce moment. Elle était déjà assise et je continuais de la regarder. Les câlins n’avaient jamais été le fort de la famille Underwood. Notre père nous avait toujours appris à ne pas montrer nos émotions, se serait trop nous découvrir et nous « risquerions le rhume ». Il nous avait également appris à ne pas répondre trop vite aux gens, pour nous laisser le temps de les contempler, d’observer chaque ride du visage, chaque composante, chaque détail.

Tu sais que j’ai toujours aimé l’air du matin.
Je continuais de lui sourire. Il aurait été sans doute difficile de faire des retrouvailles plus émouvantes… J’aurais pourtant voulu lui sauter dans les bras, la serrée tout contre mon cœur et lui murmurer quelques mots que seules elle et moi comprendrions. Mais ce n’était pas le cas. Pas de changement, toujours les mêmes coutumes que nous avions en Angleterre...

Qu’est-ce qui m’avait poussé alors à laisser éclater ma colère contre l’homme qui m’avait trompé ? Pourquoi n’avais-je pu me retenir à ce moment et pourquoi quelque chose m’empêchait maintenant de montrer à ma sœur à quel point j’étais heureuse de la voir ? Peut-être était-ce simplement parce que c’était elle, qu’elle m’avait toujours connue comme cela, peut-être était-ce trop rapide comme changement.

Comment aurait-elle réagit si je l’avais en effet serrée dans mes bras ? Comment, moi, je l’aurais pris si elle l’avait fait ? Un jour viendrait peut-être où nous pourrons laisser libre cours à nos émotions. Fallait-il pour cela que nous en prenions d’abord l’habitude avec d’autres personnes ?

Je décidai de stopper là mes pensées bien pessimistes et me contentai d’accorder toute mon attention à Mary. Car bien que je réfléchissais, je n’étais pas moins heureuse de la voir et ce n’étaient des réflexions que sur l’attente d’une relation plus ouverte avec elle.
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MessageSujet: Re: Retrouvailles   Jeu 23 Juin - 20:50

    Retrouvailles purement anglaises... Je n'ai jamais aimé l'Angleterre pour ces manies de laisser de la distance entre les personnes, même entre les personnes d'une même famille. Je n'ai jamais aimé le fait que les gens dans la rue ne s'adressent pas la parole, qu'ils se toisent comme les membres de confréries ennemies. Ils sont pressés, les anglais. Pressés dans les ruelles, pressés dans le métro, pressé dans les bus, pressés dans les magasins. Mais où est la vie, si on la vit à la vitesse de l'éclair ? Je n'ai jamais bien compris tout cela et je ne le comprendrais jamais, car j'ai pris le ferry et ai traversé la Manche. *Arrête, Mary. Ta soeur n'a pas marché dans tes traces pour que tu lui rappelles cette Angleterre que tu aimes si peu... Si elle a traversé la Manche, elle aussi, c'est pour tout quitter.* Syd... lui dis-je en me levant lentement, les gestes encore si peu assurés, je ne suis plus une anglaise et tu sais à quelle point ces rituels m'embêtent. J'avais franchit une limite in-considérable... Beaucoup d'anglais m'auraient regardée de travers si je m'étais levée dans un café pour embrasser ou bien même étreindre ma soeur. Pourtant, aucun regard ne se lèverait sur nous : nous étions "libres" à Canton.

    À sa réflexion, je me rappelais effectivement qu'elle avait toujours apprécié la langoureuse caresse de l'air matinal. Un air à l'apparence si pure... Sydnee avait pris l'habitude de se rendre sur la terrasse de bonne heure et d'y siroter son café. Mais c'était il y a si longtemps, elle avait surement eu le temps de changer d'us et de coutumes. Mais n'en changions-nous pas tous ? La preuve, si ma soeur acceptais ce premier pas qui ouvrirait notre relation sur des bases plus familiales, c'est que n'importe qui pouvais changer. Maintenant, n'allez pas croire que le fait d'être anglais est lié au fait de n'éprouver aucun sentiment : ils sont juste plus distants que les autres. Et là, j'espérais que nous deviendrions moins anglaises car Sydnee... elle m'avait terriblement manqué ! *Oui, même moi, ancienne anglaise, je peux ressentir cela : le manque.* Alors, comment tu vas ? Le vol n'a pas été trop long ? Tu... tu m'as manqué, tu sais ?

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MessageSujet: Re: Retrouvailles   Ven 24 Juin - 21:21

Un léger silence s’installa entre nous deux. Pour ma part, il ne s’agissait pas du silence que notre père avait la manie d’appeler « silence de l’analyse ». Je n’analysais pas ma sœur, je ne regardais pas chaque détail de son visage en tentant d’y déceler une ride qui aurait été révélatrice. Je réfléchissais seulement à moi, à elle et, maintenant que nous étions toutes les deux là, à nous. Elle ne disait mot non plus. Elle regardait et se taisait. Un silence pure, mais avait-il une signification ?

Je ne sais combien de temps il dura. Je sais juste que ce fut Mary qui prit les initiatives. Elle se leva et je la suivis du regard, me demandant ce qu’elle avait derrière la tête. Une personne en face de vous qui se lève pouvait signifier plusieurs choses. Elle pouvait être agacée par mon comportement, par moi-même, qui lui rappelait peut-être trop l’Angleterre, mais ce n’était pas le cas, je le savais. Peut-être avait-elle un besoin pressant, mais dans ce cas, elle n’aurait pas fait cette tête-là. Ou alors, elle avait quelque chose à me dire, quelque chose d’important. C’était sans doute le cas, ça faisait tellement longtemps que l’on ne s’était plus vue qu’il était fort probable qu’elle veuille me parler de quelque chose d’important.

Je la regardais, il n’y avait que elle et moi. Elle s’était mise debout mais tout ce qui importait n’était pas tant son geste, plutôt ce qui se cachait derrière. Syd... je ne suis plus une anglaise et tu sais à quelle point ces rituels m'embêtent.

Je sentais les larmes monter. Pleurer en public ne me serait pourtant jamais arrivé en Angleterre. Je me levai pour regarder Marilyn dans les yeux, elle était ma petite sœur mais gardait quelques centimètres de plus que moi. Je sentis alors une larme rouler sur ma joue et je la pris dans mes bras. Ce geste me sembla beaucoup plus naturel que prévu et tellement libérateur. L’émotion était-elle liée à ce geste ou aux retrouvailles ? Sans doute aux deux. Quoiqu’il en soit, c’étaient bien des larmes de joies. Je la regardai à nouveau dans les yeux, heureuse de cette première rencontre avec une sœur qui avait changé et que je voulais apprendre à aimer comme il se doit, à qui je voulais raconter tous les évènements qui animaient ma vie, sans craindre de lui montrer mes émotions et vice versa.

Alors, comment tu vas ? Le vol n'a pas été trop long ? Tu... tu m'as manqué, tu sais ? J’avais tellement de choses à lui dire que je ne pouvais plus attendre. J’ai tant de choses à te raconter Mary, tu n’imagine même pas. Assieds-toi, je crois que tu en auras besoin ! Tu prends toujours un cappuccino latté ?
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MessageSujet: Re: Retrouvailles   Ven 24 Juin - 22:01

    Bien sûr que je prenais toujours mon cappucino latté, comment aurais-je pu m'en passer ? Je repensais plus longuement à la question du changement de vie, finalement, il me semblait que quelques vieux gestes étaient restés. Je lui accordais quelques instants en restant de cire, c'était un moyen de savoir si elle pouvait toujours aussi bien lire dans l'iris de mes yeux... Quand nous étions petites, bien que l'élégance anglaise ne nous l'interdise, nous aimions nous regarder, des heures durant, les yeux dans les yeux. La victoire appartenait à celle qui ne détournait pas le regard, mais bien plus que ces quelques victoires, ce jeu nous avait apporté une capacité de compréhension hors du commun. Nous n'étions plus l'aînée et la cadette, mais bien une paire difficilement séparable. *Lance-toi, maintenant.* Commande pour toi ce que j'ai coutume de prendre pour moi et vice versa. Les dés sont lancés, sans qu'aucune table de jeu n'entrave nos mouvements. C'était une formule que nous nous répétions souvent, étant petites, un clin d'oeil à la vie qui nous avait réunies.

    Je prenais de l'avance en levant la main, ce signe si détaché et si représentatif. La serveuse ne tardait jamais à s'avancer, calepin et stylo en main, pour prendre les commandes des premières clientes de la journée. Sydnee et moi étions assises en terrasse et à vrai dire, il faisait un temps magnifique en ce jour de retrouvailles. N'imaginez pas les trente degrés sous les parasols et la sueur qui perle sur la peau des demoiselles : nous ne sommes pas à Saint-Tropez ! *Tu crois que tu te souviens de vos vieilles habitudes, non ? Mais moi, je pense que ta soeur à changé, malgré tout...* Faisant taire cette voix intérieure qui doublait mes chagrins et amoindrissait mes émotions, je pus savourer l'instant présent. Sydnee avait toujours commandé un double latte sans crème fraiche et pourtant, aujourd'hui ce ne serait pas exactement l'objet de ma commande. En effet, quand ma voix s'éleva, cristalline dans l'air plombé d'un soleil matinal, ce fut pour prononcer ces quelques mots... Un double latte, s'il vous plaît, et avec crème fraîche Je cru entre-apercevoir quelque chose se dessiner sur les lèvres de ma soeur : un sourire, une grimace, je n'en sais pas plus.

    Je me calais à nouveau dans le siège, en attendant la commande qu'allait passer Syd. Agirait-elle comme moi en modifiant légèrement la donne, ou bien maintiendrait-elle ses positions ? Je m'efforçais de rester patiente et je pense que j'y arrivais assez bien, jusqu'à ce qu'un jeune homme détourne l'attention de la serveuse et lui fasse perdre le fil de sa commande. Mais même à ce moment-là, je n'allais pas jouer les rabats-joie en râlant. J'étirais mes lèvres en un sourire pressé qui ne devait pas avoir l'allure des grands jours. Elle ferait avec !

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MessageSujet: Re: Retrouvailles   Mar 28 Juin - 20:27

On se rassit dans un même mouvement et je vis alors que Marilyn m’observait de ses yeux perçants. Je voulais tellement lui expliquer comment j’avais rompu avec l’homme qu’elle avait toujours détesté, comment j’avais pris la décision de venir ici. Je lui en avais déjà parlé mais jamais dans les détails et, pour ce qui concernait la rupture, je ne lui en avais touché mots, je voulais attendre de la voir en chair et en os. Mais le moment était à l’observation. Je continuais de sourire légèrement, attendant une parole de sa part qui ne tarderait guère. Et j’avais raison. Commande pour toi ce que j'ai coutume de prendre pour moi et vice versa. Les dés sont lancés, sans qu'aucune table de jeu n'entrave nos mouvements. Ainsi je voulais changer et elle avait changé mais nous n’avions pas oublié ce qui faisait de nous deux sœurs très soudées.

Elle avait déjà appelé la serveuse et je me réjouissais déjà de ce qu’elle allait me commander. J’avais toujours pris un double latté sans crème fraiche et je ne m’étonnai pas quand elle passa la commande, sans avoir trop réfléchi. Un double latte, s'il vous plaît, et avec crème fraîche. Elle avait donc changé et décidé de me mettre de la crème fraiche. J’avais toujours fait attention à ne pas mettre de la crème dans mon café mais, après tout, plus rien de me retenais ici !

C’était donc à mon tour de choisir pour Mary. J’hésitais à lui prendre ce qu’elle avait toujours pris, sans prendre de risques, ou tenter autre chose. Elle m’avait invité, en changeant ma commande habituelle, à faire de même. Dans son message, elle me mettait au défi uniquement, voir ce que je lui choisirais cette fois, au risque que ça ne lui plaise pas. Alors que j’allais passer commande, la serveuse se détourna pour répondre à un jeune homme un peu plus loin. Je regardai Mary, elle semblait emballée par l’idée du défi et paraissait vouloir voir ce que je lui choisirais.

Alors que la serveuse avait fini avec le jeune homme, je la rappelai pour passer ma propre commande. Je ne voulais pas faire patienter Mary plus longtemps. En ce qui concernait le cappuccino, je ne le changeai pas, elle le trouvait plus doux que du café. Mais je changeai totalement le goût du cappuccino. Pour moi se sera un cappuccino glacé copeaux de chocolat s’il vous plaît. Sans oublier le sourire. Je me tournai vers Mary pour voir si le sourire animait aussi son visages. Certes, c’était un cappuccino mais il était glacé celui-ci, ce qui faisait du bien sous un soleil agréable. Et je savais également que Marilyn aimait avoir un goût dans ce qu’elle buvait. Elle aurait celui du chocolat qui se mariait très bien avec celui du cappuccino.


Dernière édition par Sydnee S. Underwood le Mer 29 Juin - 12:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Retrouvailles   Mer 29 Juin - 10:02

    Évidemment que j'étais surprise de voir mon cappuccino latté ainsi remanié ! Pourtant ce n'était vraiment pas pour me déplaire, elle avait eu raison en accompagnant la douceur exquise du cappuccino par de tendres copeaux de chocolat... On m'avait souvent dit, dans de semblables moments de joie extrême, que mes yeux brillaient comme le ciel d'une nuit étoilée. Mais cette foi-ci, il n'y avait même pas besoin de me le dire, je le sentais au plus profond de moi. J'étais tellement heureuse ! Au loin, le feuillage des cerisiers, lourd de grappes rouges, crissait sous un vent estival et plus proche de nous, le bruit du shaker où s'entrechoquaient les glaçons résonnaient. Je laissais mon regard s'évader bien plus loin que la limite physique des barrières en fer forgé de la terrasse, il rencontra des mouettes dans le ciel, il rencontra même la mer qui venait se jeter sur les rembarres du port, au loin. Quand mes yeux se reposèrent sur ma soeur, je trouvais que son visage semblait ombragé... L'une ou l'autre chose dont elle devait me faire part, peut-être. La raison de son arrivée à Canton, ou bien la raison de son départ d'Angleterre ? Était-ce possible que les deux soient liés ? Les questions fusaient, me je ne pouvais pas en dire autant des réponses, qui restaient si muettes et si inaccessibles ! Il y a quelques années, j'aurais pu lire en ma soeur comme en un livre ouvert, et voilà que maintenant, même ses sentiments les plus percutant me sont inaccessibles. Cela me frustre. Je ne le connais plus aussi bien.

    J'hésite à aborder certains sujets avant que nos boissons ne puissent nous donner le loisir de réfléchir plus amplement aux réponses... Tant de choses se sont passées depuis notre dernière entrevue, tant de chose ont évolué pour ne jamais redevenir ce qu'elles étaient. Nous-mêmes avons eu le temps de nous métamorphoser, alors qu'en est-il des autres ? C'est en attendant nos boissons que j'abordais un sujet qui me semblait des plus neutres. Mais malheureusement, il n'était pas si neutre que cela... Au fait, comment as-tu pu le laisser derrière toi, même le temps d'une visite à ta petite soeur ? J'avais détesté cet homme qui avait signé la fin de tant de chose entre nous. Elle savait que je l'avais détesté et que je le détestais encore, mais sur le coup, je ne comprenais pas comment elle avait pu échapper à son emprise, pour me rendre visite à moi, la femme qui le détestait au plus haut point. Je n'aurais pas du poser cette question, surtout pas celle-ci... Si Sydnee est ici, ce n'est surement pas par hasard, et s'il ne l'a pas suivie, ce n'est pas un hasard non plus ! Quel genre de mauvaise soeur suis-je pour ainsi raviver une blessure ? C'est inconscient, je le jure !

    Avec soulagement, je vois notre commande arriver de loin. Je sors mon portefeuille pour régler la notre à la serveuse, qui dépose malhabilement nos coupes sur la table, ou bien est-ce moi qui les attrape maladroitement ? Personne n'a été tâché dans le transfert, c'est ce qui compte... Dans un geste désespéré, j'attrape la paille de ma boisson et la pince entre mes lèvres gênées. L'onctueux mélange glacé franchit mes lèvres et contracte encore plus ma gorge d'où une voix qui ne saurait être que rauque sortirait dorénavant. Je suis sincèrement désolée d'avoir abordé un tel sujet.

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MessageSujet: Re: Retrouvailles   Jeu 30 Juin - 18:27

Nous restâmes silencieuses en attendant la serveuse avec nos cafés. Je voyais à son visage qu’elle voulait me demander quelque chose, une chose qui lui tenait à cœur. Ca tombait bien, je voulais lui dire une chose qui me tenait également beaucoup à cœur. Je pensais qu’elle tiendrait jusqu’à l’arrivée de nos cafés mais ce ne fut pas le cas. Marilyn était, en apparence, parfaitement calme mais je sentais qu’elle trépignait d’impatience en elle. Si cela n’avait pas été le cas, elle aurait gardé le silence jusqu’au bout. Au fait, comment as-tu pu le laisser derrière toi, même le temps d'une visite à ta petite soeur ? Je ne pus m’empêcher de lui jeter un sourire mais m’empêchai de rire, voyant son visage se décomposer.

J’étais moi-même étonnée par ma réaction. Certes j’avais fais un gros travail sur moi pour larguer Georges, car tel était son nom, mais je ne pensais pas avoir une telle réaction suite à une allusion sur lui. Caton semblait m’avoir immunisée contre cet homme, mais sans doute pas contre l’amour. Mary n’était pas stupide, elle devait déjà se douter qu’il s’était passé quelque chose entre nous, car jamais je ne l’avais quitté lorsque nous étions encore ensemble, c’était d’ailleurs l’un des points qu’elle n’aimait pas en lui, parmi tant d’autres !

Je remarquai ses yeux s’ouvrir, faisant paraître un semblant de soulagement sans que ses mains ne cessent cependant de trembler pendant qu’elle sortait son portefeuille. Je lui laissai payer la note, c’était comme ça chez nous, l’une payait, l’autre le ferait la prochaine fois, on ne comptait pas. Le bruit du verre déposé sur la table résonna, je voulus me précipiter pour éviter la casse mais Mary semblait gérer tant bien que mal. Une fois la serveuse repartie auprès d’autres clients qui arrivaient, Mary porta son cappuccino glacé à la bouche. Je suis sincèrement désolée d'avoir abordé un tel sujet.

Ca me semblait être le bon moment pour la soulager enfin. Ne t’inquiète pas Mary, c’était la première chose dont je voulais te parler. Je te préviens tout de suite, si tu crie je pars. Georges ne pas suivi, tu ne le verras pas ici et je ne le verrai plus non plus. Je ne suis plus avec lui, je l’ai découvert une fois de plus avec une fille et je n’ai pas pu m’empêcher de… rompre avec lui en lui laissant… Disons un petit souvenir de notre rupture… Je sentais un sourire s’étirer sur mon visage. C’était seulement maintenant que je sentais le soulagement apporté par ce geste de rupture (dans tous les sens du terme). Je laissai le temps à Mary de reprendre ses esprits, il fallait encore que je lui avoue ce que j’avais fais à l’autre fille. Tout en lui expliquant mes aventures, je ne cessais de chipoter à ma bague, dont Georges portait encore le motif.

J’étais tellement contente de lui dire enfin tout ce qui c’était passé. Mais je voulais tellement en savoir plus sur sa vie ici et sur l’île elle-même. Elle me plaisait déjà et je sentais déjà mes racines s’enfoncer dans ce sol magique.
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MessageSujet: Re: Retrouvailles   Sam 2 Juil - 17:31

    Mon sourire flottait dans l'air, tandis que mes iris flottaient dans le vague. Nous n'étions décidément plus les mêmes, nous avions terriblement changé et c'était toute une personne que je devais découvrir... Je n'aurais jamais pensé qu'elle aurait le courage de quitter cet homme, et pourtant elle l'avait fait, sans quoi elle ne serait jamais venue me rejoindre à Canton. Maintenant, je me sentais comblée et le vide qui s'était installé dans ma vie avant que je n'atterrisse ici s'était réduit à néant. Néant, ce que j'étais devenue depuis que ma grande soeur était tombée sur cet homme, néant, ce que j'étais devenue à force de fermer les yeux. J'ai désormais réussi à les rouvrir et ce pour voir que tout à radicalement changé dans ma vie, mais que tout s'est aussi embellit !

    J'étais enfin soulagée de toutes ces années où j'avais privilégié le boulot sur le dodo, le boulot sur le métro... Comment dit-on, déjà ? Boulot-métro-dodo ? Malheureusement, durant ces années qui me paraissent à présent brèves, le boulot a primé sur le reste et dodo et métro n'ont plus été que des ombres. Lève-tôt couche-tard, je me tuais à petits feux, couche-tard lève-tôt, je perdais toute envie de redevenir quelqu'un aux yeux d'un monde qui ne faisait que me voir passer. Mais ici je sens que tout peu être tellement différent ! Oui, cet espoir renaît en moi ! Et au moment où Sydnee m'explique qu'elle a rompu de bon gré mal gré avec Georges, c'est un sourire de satisfaction qui se peint sur mon visage... je n'ai donc aucune compassion ? Non, je n'en ai pas, surtout pas pour cet homme qui a gâché une si belle relation entre ma soeur et moi. Égoïste ? J'avoue, je le suis pour nous deux ! Je suis désolée, Syd... Enfin non, tu me connais trop bien pour savoir que je ne le suis pas. Mais j'espère que tu ne souffres pas trop de cette rupture. Je savais combien elle avait du souffrir, avant de lui balancer sa main dans le visage, je savais que la vie n'avait pas été rose pour elle que de vivre à ses côtés.

    Mon capuccino glacé me rafraîchit les idées qui devenaient de plus en plus noires : je voulais le voir souffrir. La voir souffrir pour apaiser les souffrances qu'il avait imposées à ma soeur, à chaque fois qu'il avait découché, à chaque fois qu'il en avait touché une autre... Égoïste et rancunière, j'accepte vos critiques, mais protectrice, aussi ! Je sentais couler le liquide glacé le long de ma gorge et puis atterrir dans mon ventre, là où la colère prenait feu. Oui, le liquide glacé et le sourire de Sydnee éteignirent cet ardent feu. Ma main s'aggrippa à la table et je pu enfin lui exprimer toute la joie que j'avais de l'avoir à mes côtés, enfin ! Sy, je sais que tu lui a fait payer pour toutes les misères qu'il t'a faites... Mais il devra encore payer pour ce qu'il nous a fait à nous... Ne m'en veut pas, j'ai aussi souffert de ton absence. Ma langue crachait le venin accumulé durant de trop longues années. J'étais enfin apaisée. Raconte moi, raconte moi tout ! lui dis-je, des flammèches dans les yeux. J'avais soif d'entendre sa voix, encore et encore, jusqu'à plus soif, jusqu'à m'écrouler sur mon canapé et m'en aller dans un monde de rêveries.

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MessageSujet: Re: Retrouvailles   Dim 3 Juil - 17:27

Je voyais son visage changé peu à peu. Un nouveau silence c’était installé entre nous, je lui laissais le temps de digérer la nouvelle car en effet, c’en était une grande. Je voyais que les idées se bousculaient dans son esprit. Je pouvais également le comprendre. Ma rupture avec Georges m’avait amenée ici, à Caton, où nous nous étions enfin retrouvées, Mary et moi. Il nous avait si souvent empêchées de nous voir. C’était un grand changement qui c’était opéré : loin de l’Angleterre, sans Georges pour jouer les rabats joies. Enfin je vis une étincelle dans ses yeux et compris qu’elle n’allait pas tarder à reprendre la parole. Je suis désolée, Syd... Je m’apprêtais à l’arrêter car je savais pertinemment bien qu’elle ne le serait jamais pour une chose pareille, mais elle ne m’en laissa pas le temps. Enfin non, tu me connais trop bien pour savoir que je ne le suis pas. Mais j'espère que tu ne souffres pas trop de cette rupture.

Tout ceci était étrange, non, je ne souffrais pas. Et je sentais monter en moi un léger sentiment de culpabilité quant à cette attitude face à la ma rupture avec l’homme avec qui j’étais quand même resté quelques années. Je voyais que ça travaillait également dans l’esprit de Mary. Mais je voyais tout de même en elle la malice qui faisait d’elle la fille aux idées parfois insolites. Tout à coup, je m’intéressais plus à ce qu’elle pensait et ma culpabilité partis aussi vite qu’elle était venue. Syd, je sais que tu lui as fait payer pour toutes les misères qu'il t'a faites... Mais il devra encore payer pour ce qu'il nous a fait à nous... Ne m'en veut pas, j'ai aussi souffert de ton absence. Je comprenais tout à fait ce qu’elle voulait dire, mais le passé était derrière nous et il serait stupide de faire venir Georges à Caton ou de retourner en Angleterre ou même de le contacter juste pour le faire souffrir. Raconte moi, raconte moi tout ! Je la reconnaissais bien là, savoir que j’avais rompu avec lui ne lui aurait pas suffit, il fallait qu’elle sache comment, il fallait qu’elle connaisse tous les détails.

Je lui racontai alors toute la scène, qui ne dura que quelque minute. Je lui expliquai comment je l’avais retrouvé en rentrant dans mon propre appartement avec une autre fille, dans mon propre lit. Comment il ne s’était pas excusé mais qu’il m’avait simplement fait la remarque que je ne devais pas rentrer de si bonne heure. Comment j’avais senti la colère monter en moi comme jamais auparavant et comment j’avais eu l’impression que ce n’était pas moi. Comment je ne lui avais rien dit, je m’étais juste rapprochée de lui et l’avait giflé avec le dos de la main, ainsi que sa charmante amie. Comment je n’avais pas crié, j’étais juste partie. Mais pendant deux semaines, j’étais retournée chez nos parents et j’avais pleuré. Pas pour cette rupture, pas parce qu’il me manquait, simplement consternée par ma propre naïveté. En retournant dans mon appartement, je m’étais vite rendue compte qu’il était revenu, plus d’une fois, et qu’il n’avait pas décampé. Je l’avais donc patiemment attendu, ses affaires à mes pieds. Il était rentré, avec son éternelle tête du « je m’excuse », une cicatrice en plus, mais je ne lui ai pas laissé le temps d’ouvrir la bouche, je lui ai juste dis deux mots : vas t’en ! Et il est parti, le soir même, les serrures étaient changées. La semaine d’après, le billet d’avion était réservé.

Ainsi se terminait mon histoire qui ne sortait pas l’éternelle rupture hollywoodienne, mais c’était la mienne et je savais que ma sœur la considérerait comme une exception. Je sentais monter en elle une tornade orageuse, le culot de cet homme devait sans doute la dépasser plus que de coutume. Il fallait néanmoins que je tente de la calmer avant qu’elle ne s’emballe. Je sais ce que tu pense de lui, je l’ai toujours su, mais il est loin maintenant et ça ne sert à rien de pester en rêvant de ce que tu pourrais lui faire pour qu’il se rende compte de son, ou plutôt ses actes… Contente toi de réserver ton énergie pour les prochains… J’ai beau avoir changé, je ne sais pas si je serais capable de refaire la même chose !
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MessageSujet: Re: Retrouvailles   Dim 3 Juil - 20:05

    Réserver mon énergie pour les prochains, ne pas me laisser prendre au piège de la vengeance, c'est ce qu'il me fallait à présent faire. Je me rendais compte de l'extrême justesse des propos de ma sœur, mais entre s'en rendre compte et s'y tenir, il y a une telle marge ! Comment avait-il pu, ce George, séparer deux sœurs si longtemps, de plus en étant sûr de ne pas subir de représailles pour cela ? Ne plus penser à ces années écoulées, mais modeler celles qui sont encore à venir... celles qui ont choisi de nous réunir. Il me semble que c'est la crème de mon cappuccino qui adoucit mes pensées que la fraîcheur de la boisson avaient rendues froides comme la pierre. Je n'ai plus autant envie de me battre, tandis que l'envie de rattraper tant de moments perdus à jamais m'enlace. Les deux sœurs Underwood sont à nouveau dans la place, envers et contre tout. Et même si elles ont encore peur du noir, ici, personne n'est censé le savoir ! Je me remémorais cette nuit-là, cette nuit où nous avions pris conscience que nous étions deux êtres inséparables... Mais bien vite je fis place à d'autres pensées dans ma tête, ces dernières n'étant pas très saines ! J'allais pourtant ouvrir la bouche, mais je me ravisais et tombais sur d'autres idées bien plus terre à terre, comme notre installation à Canton.

    J'avais en bouche ces sons cristallins, et ils sortirent sans peine. Je ne m'y attendais pas, vu que ma gorge s'était serrée rien qu'à la pensée d'une nuit qui avait changé nos vies. Au fait, il faudra que je te présente mon colocataire, un certain Hektor... Il est plutôt beau gosse, tu vas l'adorer, mais attention : pas touche ! Ce n'est pas le genre de gars à qui l'on peut faire du mal... Il est tellement sensible. Sy me fait ses yeux de merlan frit, j'ai compris qu'il faut que je m'arrête là dans ma description de mon Hektor. Elle ne veut rien savoir, peut-être est-ce parce qu'elle croit que lui et moi... Oh non, pas question ! Je m'imagine mal être considérée par Hektor comme autre chose que sa copine de télévision, sa cuisinière attitrée ou que simplement sa meilleure amie ! En fait, je trouve que Sy et lui feraient un merveilleux couple, mais c'est sûrement trop tôt pour elle, pour lui aussi d'ailleurs. Je t'assure que... Il vaut vraiment mieux pour moi que je me taise ! Et puis zut, est-ce mon affaire de caser mon colocataire avec ma grande soeur ? L'un ne serait plus présent pour toutes nos soirées télé, tandis que l'autre ne serait plus là pour tous ces moments passés suspendues au téléphone. Jamais plus, je n'y penserais jamais plus. Quoique.

    Rendre les armes dans le combat du petit-ami, d'accord, ou pas. J'avais le loisir de tourner la conversation autrement, et puis ma sœur rencontrerait bien mon adorable colocataire un jour ou l'autre... De nos jours, les gens n'ont plus besoin de cupidon ! Mais j'avoue que personnellement, j'aurais bien besoin d'un petit ange ailé pour pousser mon cœur de nuages en nuages. Je dis ça, mais d'un autre côté, n'y a-t-il pas eu ce baiser l'autre jour, échangé avec cet homme dont le nom m'est resté longtemps inconnu ? Ce baiser et ces joutes verbales, ces moments qui frôlaient la perfection sans vraiment donner l'impression de rendez-vous galants. Oui, c'était ce qu'il me fallait à moi, un homme des bois... C'est-à-dire un homme qui découvre les bontés du monde par le fait de m'avoir dans ses bras, un homme qui réapprenne à aimer le monde. Tristin était peut-être cet homme, mais comment le savoir si peu de temps après notre rencontre ? Coup de foudre ? Non, c'est perdu d'avance car je ne crois pas au coup de foudre, je n'y crois plus depuis longtemps déjà.

    Faut-il que j'en parle à Sy, de cet homme des bois ? Je n'en suis pas certaine, car je sais qu'elle va me sortir son éternel laïus de grande sœur : ne fais pas de bêtises, ne tombe pas dans le piège etc. Je lui répondrais comme d'habitude : non Sy, je ne ferais pas de bêtises, non Sy, je ne tomberais pas dans le piège... mais cela ne m'immunisera pas pour autant. C'est pour cela que je décidais de lui demander comment elle comptait s'installer à Canton : Mais tu t'es déjà renseignée pour t'installer ici ? Je te préviens, il y a beaucoup d'opportunités à saisir, regarde moi avec cette colocation... j'ai du longuement insister ! Au pire, elle passerait les quelques premières nuits dans notre maison. J'étais sûre et certaine qu'Hektor lui cèderait volontiers le canapé...

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MessageSujet: Re: Retrouvailles   Mar 5 Juil - 19:26

Un petit sourire se marqua sur le visage de ma sœur. Dans ce genre de situation, il y avait toujours un temps de pensée (et non pas de réaction) qui se passait avant que l’une de nous ne reprenne la parole mais ça ne concernait que les moments importants, lorsqu’on avait des sujets importants ou, comme ici, que l’on se retrouvait après une séparation plus ou moins longue. Je sentais néanmoins que la conversation commencerait doucement à s’animer, maintenant que Marilyn savait le plus important pour moi et que je n’allais pas tarder à mettre le doigt sur ce qui était important pour elle. Ses yeux commencèrent à pétiller très légèrement. Au fait, il faudra que je te présente mon colocataire, un certain Hektor... Il est plutôt beau gosse, tu vas l'adorer, mais attention : pas touche ! Ce n'est pas le genre de gars à qui l'on peut faire du mal... Il est tellement sensible. Je sentais que je n’allais pas tarder à mettre le doigt sur cette chose importante pour elle. Mais Mary se ravisa, sans doute en ayant remarqué mon regard interrogateur. Alors il y avait un nom : Hektor. Mais mes illusions s’estompèrent vite voyant sa tête mi-choquées mi-décontenancée. Je t'assure que... Elle préféra s’arrêter là. J’étais amusée par sa soudaine timidité, garder sous silence ce qu’elle était incapable de cacher avec ses yeux.


Alors qu’une minute avant je remarquai ses yeux pétiller très légèrement, lorsqu’elle les releva vers moi cette fois, je ne vis qu’une pluie d’étoiles à la place de ses pupilles. Mon visage laissa place à un sourire que je ne pus m’empêcher de faire, ne sachant pas à qui elle pensait bien tout de même de quel genre de chose il s’agissait. Lorsqu’elle se mit à parler, je devinai vite qu’elle passait vraiment sous silence LA chose importante dans sa vie en ce moment. Mais tu t'es déjà renseignée pour t'installer ici ? Je te préviens, il y a beaucoup d'opportunités à saisir, regarde moi avec cette colocation... j'ai du longuement insister ! Bien que lui poser des questions pour savoir à quoi elle pensait réellement me piquait la langue, je me contentai (pour le moment) de lui répondre. J’avais déjà fais quelque recherches de l’Angleterre, j’envisage de me prendre un petit appartement, je téléphonerai pour pouvoir le visiter le plus vite possible, pour le moment je dors dans un hôtel… J’étais prise entre deux feux : la laisser insister pour que je vienne chez elle pour ne pas avoir à payer ou lui faire cracher le morceau ? Si elle ne voulait pas m’en parler, peut-être était-ce à cause de moi, à cause des réactions que j’avais pu avoir lorsqu’elle me parlait, auparavant, de ses aventures.


Bien que n’importe quoi puisse la pousser à ne rien me dire, je décidai de tenter en contournant le problème. Mary, je sais qu’il se passe quelque chose… Je ne sais pas quoi exactement (c’était totalement faux, je savais de quoi il s’agissait, je ne savais juste rien d’autre et donc pas assez… le comment ? le qui ? le pourquoi ? Mais je n’étais pas non plus le genre de fille à pousser quelqu’un à raconter tous les détails, si elle refusait de me l’avouer aujourd’hui, elle le ferait un autre jour) mais je sais qu’il y a quelque chose. Tu sais que tu peux tout me dire et, si tu veux, je ferai même l’effort de me mordre la langue, si c’est à cause de moi que tu te retiens de parler… Savait-elle que je ne lui disais pas tout, que je devinais qu’il y avait vraiment quelque chose là-dessous ? C’était bien possible, comme moi j’avais deviné qu’elle gardait le silence sur une certaine chose (ou personne…). Quoiqu’il en soit, je lui laissais le choix de parler ou pas, selon son envie. Je pris mon café et bu une gorgée.
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MessageSujet: Re: Retrouvailles   Jeu 7 Juil - 12:53

    Comme souvent dans mon ancienne vie, mon sourire disparu soudainement. Sydnee du s'en rendre compte et elle du terriblement s'en vouloir, même si elle n'en laissa réellement rien transparaître. Côté cœur, rien n'a jamais été simple pour moi... côté cœur, ça a même toujours été compliqué et je ne sais pas pourquoi. Suis-je trop exigeante, suis-je trop fatigante, aucun homme n'a jamais partagé un assez long moment de sa vie avec moi pour que je puisse un peu mieux le connaître ? Depuis quelques temps, et peut-être même depuis toujours, je nourris la secrète peur de rester seule. Seule face au temps qui nous prend des parcelles de vie, seule face aux années qui pour d'autres sont emplies de bonheur... Bien sûr, j'ai compris que les hommes ne sont pas toujours accompagnés d'un bonheur à en perdre haleine, mais il y a tout de même cette envie de trouver celui qui demeurera quelques instants ma moitié.

    Je n'ai jamais aimé les contes de fée, et d'ailleurs je ne veux pas de cela, car j'ai horreur des paillettes, des courbettes et des robes de princesses ! Tout d'un coup, je trouvais les mots qui plairaient à ma sœur et la manière de sourire à nouveau : Tu sais sœurette, ce n'est pas parce que je ne t'ai pas encore parlé d'hommes qu'il faut t'imaginer un drame ! Je ne suis là que depuis quelques semaines... Oui, quelques semaines et la tendresse d'un homme me manque déjà ! En Angleterre et dans mes différents voyages de reporter, je trouvais toujours un spécimen particulièrement appétissant qui comblait la plupart du temps mes quelques attentes en la matière. Pourtant, depuis mon brutal atterrissage à Canton : rien ! Je n'avais pas envie de confier à Sydnee que mes craintes en matière de couple s'étaient fortement accentuées et qu'elles me bloquaient totalement. Ce sourire que j'avais affiché par niaiserie retombait déjà... il ne ferait pas diversion bien longtemps... surtout que je soupçonnait Sy d'avoir déjà tout compris.

    Lorsque nous étions plus jeunes, ou bien simplement lorsque nous habitions toujours de l'autre côté de la Manche, nous partagions tous nos états d'âmes... Enfin, jusqu'à ce que Gorges interdise Sy de me rendre compte du moindre évènement survenant dans sa vie. Oh oui, ce Gorge... un sacré morceau ! Il n'avait pourtant pas fait si long feu dans les bras de mon éternelle jumelle, ce gros lion qui me clouait le bec quoi que je dise. Oui, décidément, ma soeur avait bien eu raison de le laisser outre-Manche ! Mais malgré tout, je savais qu'elle devait avoir eu grand peine à lui administrer sa vengeance et surtout, à le voir une fois de plus dans les bras d'une autre et ce dans leur propre lit. Puis ce fut comme si j'ouvrais les yeux, je me rendis compte que ma coupe de cappucino glacé était vide et que le café de Sydnee se vidait sûrement aussi. Je décidais de lui proposer d'aller faire un tour, étant donné que nos consommations avaient tout de suite été réglées. Où qu'elle veuille se rendre, je l'y conduirais avec plaisir... même si c'était dans les vestiaires masculins d'un équipe de foot ! (Faut-il vraiment rappeler que nous n'aimons absolument pas le foot ? Cependant, les joueurs, malgré leur physique particulier, ne sont pas si mal que ça... surtout quand, comme moi, on a de sacré problèmes par rapport au couple !)

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MessageSujet: Re: Retrouvailles   Mar 12 Juil - 19:07

Un sourire qui aurait pu passer pour franc aux yeux de n’importe qui, mais pas aux miens… Mary était toujours restée discrète sur ses aventures, ou plutôt non-aventures. ‘’Rien de sérieux’’, jamais rien de sérieux. Je ne comprenais néanmoins pas pourquoi, maintenant que Georges ne nous trainait plus dans les pattes, elle ne me disait toujours rien de plein gré. Je décidai de passer outre cette petite chose. Elle n’avait manifestement pas envie de me parler de cela en ce moment. Moi, par contre, je mourais d’envie de lui parler, dire des choses, n’importe quoi, tant qu’on parlait, qu’on se retrouvait enfin !


Il y a des moments comme ça, où on a besoin d’amour… Il fut un temps où je croyais bon voir même essentiel de garder les bras de Georges pour m’y réfugier… Parfois, les bras les plus confortables ne se trouvent pas bien loin, on les oublie simplement, confondant l’amour d’un homme ou d’une femme avec l’amour indépassable d’un père, d’une mère… D’une sœur.


Je suivis le regard oisif de Marilyn et vit que sa coupe était vide. J’avalai donc la dernière gorgée de mon café et la devançai en prenant mon sac et en me levant. Je lui fis un sourire. C’est toi ma guide maintenant, montre moi les coins de cette île, parle moi de tout ce qu’il y a autour !
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MessageSujet: Re: Retrouvailles   Jeu 21 Juil - 12:59

RP fini le mardi 12 juillet.
On en recommence un au retour de ma Sydnee chérie

Mary

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